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Histoire et Géographie
Le blog d’histoire-géographie de Jérôme Bouffand
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La guerre civile libanaise (1975-1989)
Article mis en ligne le 1er avril 2019

par jbouffand
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Le Liban est un pays arabe multiconfessionnel, abritant environ 55% de musulmans (moitié chi’ites, moitié sunnites), 40% de chrétiens (répartis en de nombreuses confessions différentes) et 5% de Druzes. Comme aucune communauté n’est dominante, un système politique original s’est mis en place après l’indépendance (1943), répartissant les charges politiques en fonction des communautés religieuses : le président de la République est chrétien maronite, le premier ministre musulman sunnite, etc. Les postes de ministres et de députés font également l’objet de quotas confessionnels.

Source : Journal La Croix

L’équilibre fragile de la société libanaise est ébranlé par l’arrivée massive de réfugiés palestiniens après la Première guerre israélo-arabe (1948_49) et la guerre des Six Jours (1967). Ils représentent alors 250 000 personnes, soit près de 10% de la population du pays, et vivent dans des camps de réfugiés. Après son expulsion de Jordanie (1970), l’Organisation de Libération de la Palestine de Yasser Arafat s’installe dans les camps de réfugiés palestiniens du Liban, d’où elle organise des raids contre Israël, ce qui attire des représailles militaires israéliennes sur le Liban.

A partir de 1975, des affrontements opposent des milices chrétiennes libanaises (Phalangistes) à l’OLP et aux Libanais (chrétiens et musulmans) favorables à la présence palestinienne au nom du nationalisme arabe. Les affrontements dégénèrent en conflits communautaires (chrétiens contre musulmans). Peu à peu, des conflits éclatent au sein des différentes communautés libanaise. Par exemple, les chi’ites se déchirent dans des affrontements entre le Hezbollah pro-iranien et d’autres partis politiques, tandis que de semblables conflits opposent les différentes tendances politiques des communautés chrétiennes.

L’armée israélienne intervient à plusieurs reprises dans le conflit libanais, pour se débarrasser de l’OLP (qui s’exile à Tunis) et pour se protéger des attaques du Hezbollah en occupant le sud du territoire libanais. La Syrie intervient à son tour dans le conflit, entre autre pour éviter la mainmise israélienne sur le Liban. Les forces des deux pays s’affrontent occasionnellement. Les forces israéliennes sont victimes par ailleurs des attaques du Hezbollah, tandis que les milices chrétiennes s’attaquent à la présence syrienne. Parallèlement, la Ligue Arabe et l’ONU envoient des forces d’interposition pour tenter d’endiguer le conflit, sans grand succès.

Finalement, suite à une médiation des pays de la Ligue Arabe (en particulier l’Arabie Saoudite) et sous la pression de la Syrie, les différentes factions libanaises acceptent les Accords de Taëf (1989) qui mettent fin au conflit. Ils mettent en place une forme de protectorat de la Syrie sur le Liban

La guerre civile libanaise est représentative des fractures confessionnelles dans un pays par ailleurs culturellement arabe. Elle montre également le poids des conflits israélo-arabes, et en particulier de la question palestinienne, comme facteur d’instabilité dans la région. Enfin, l’intervention de certains pays (Syrie, Iran, Arabie Saoudite) montre les rivalités entre puissances régionales pour l’hégémonie sur le Proche et le Moyen-Orient.